DOCUMENTS EXCEPTIONNELS

Il y a quelques temps je vous ai raconté l’histoire de Jean FORTIN, un ancien de la Deuxième DB que nous avons connu.

Nous venons d’avoir de nouvelles photos par Monsieur GALVEZ. Son père était dans le même régiment que Jean.

Dans quelques jours nous vous ferons partager ces magnifiques documents.

JEAN FORTIN SUITE ET FIN DE NOS EPISODES

FEVRIER 1945
                     La 2ème DB quitte l’Alsace après de très durs de combats et des pertes inutiles à la poche de Colmar où la 2ème DB a été mal exploitée par le Général De Lattre. La division va au repos dans le centre de la France. Elle se regroupe dans l’Indre, son quartier général est à Châteauroux. Le GTL, dont fait parti Jean est réparti entre Chatillon, Clion et Buzancais sur la route de Loches à Châteauroux.                   

En Avril 1945, une partie de la 2ème DB est appelée à combattre pour la réduction de la poche de Royan sous les ordres du Général De L’Anglade. Il y avait le 12ème RCA, 1/13 génie et les transmissions. Ils étaient suivis par le 12ème CUIR et l’artillerie du GTW. Le reste de la DB était en attente pour repartir en Allemagne. Après les combats des 17 et 18 Avril et la capitulation Allemande, la 2ème DB reçue l’ordre de rejoindre la 7ème armée US du Général Pach en Bavière.                  

 Le 24 Avril, parti de Matha, près de Cognac, le GTL franchi la frontière Allemagne le 29 Avril à Habkirchen, franchi le Danube le 1er Mai à Dillingen et atteint les Alpes tyroliennes le 4 Mai.

Le 7 Mai, le drapeau flotte sur le «  nid d’aigle »  d’Hitler  à Berchtesgaden.

Après le 8 Mai et la rédition des troupes Allemandes, la 2ème DB retourne en France.                               

Jean est démobilisé le 4 Septembre 1945, avec la joie du devoir accompli, son devoir de citoyen. Il retourne dans la vie civile, toujours comme boulanger. Il a élevé 3 enfants.              

Il nous a quitté le 3 Mai 2009 à 87 ans, aimé de tous.              

Jean nous manque.

JEAN FORTIN ET LA LIBERATION DE PARIS

24 AOUT 1944

Quelques heures après son fait d’armes à Jouy en Jossas, Jean est affecté au peloton de protection du GTL sur le char » Limagne » un M3 A3.
25 AOUT
Entrée dans Paris. En essayant de remplir sa gourde à un robinet dans une cour, une balle est venue s’écraser sur ce robinet à quelques centimètres de sa tête. Encore un coup de chance.
26 AOUT
Jean fait parti des 4 chars qui ouvrent la marche triomphale du Général de Gaulle sur les Champs Elysées. Les 4 chars étaient « L’auranguais », « Le Limousin », « Le Verdelon » et « Le Limagne ».
Quelle  joie et quel fierté il avait ce jour là dans cette marée humaine.
27 AOUT
L’ennemi revient sur Paris par le Nord. Le 12ème RCA pousse sur Stains et Pierrefitte, Monmagny, et Villetaneuse. Durs combats. Jean était affecté au 3ème escadron du 12ème RCA sous les ordres du Capitaine De Bort.
28 AOUT
Paris est enfin sécurisé, les Allemands défaits, se sont retirés. La 28ème DIUS et la 5ème DBUS prennent la relève de la 2ème DB et foncent sur Compiègne et l’Oise. Pendant ces journées de combats à St Denis, un obus de mortier a explosé aux pieds de Jean blessant des civils. Lui n’a rien eu. Toujours le destin.
La division va enfin se reposer et remettre en état véhicules et matériels qui ont beaucoup souffert depuis le 1er Août jour où, à St Martin de Varreville, ils ont débarqués.

Sur les 2 photos du Char « Limagne », Jean FORTIN est dans la tour; de plus vous avez ci dessous une vidéo où nous voyon les 4 chars dont celui de Jean

A suivre Mardi Prochain

JEAN FORTIN – APPROCHE DE PARIS

13 AOUT 1944
              Après que son char « Le Vendômois » fut détruit, Jean est muté dans le 1er  peloton du 4ème escadron du 12ème RCA, sur le Sherman n°70 « Lieutenant Zagrodzki » (voir photo). Le Chef de char est l’Aspirant Jean Armand Zagrodzki, frère de Michel, tué le 10 août aux Sablons (Sarthe). Le Sherman a 5 hommes d’équipage, contrairement au char M3 A 3 où Jean était précédemment.

JEUDI 24 AOUT                                                                                                                    Avance sur Paris.   Le 1er peloton est dans la vallée de Chevreuse, les villes de Cernay, Choisel, Chevreuse, St Rémy sont traversées. Vers 14 heures la 7ème compagnie du 2ème bataillon du RMT (Lieutenant Maret), repart en tête avec le 1/4/12 RCA sur la nationale 190, Villacoublay Versailles. Ils avancent guidés par un pompier en uniforme qui est venue les prévenir que les Allemands ont installé de gros canons dans les lacets de la descente. Soudain un canon de 88 (voir photo) apparaît, la fusillade se déclenche. Le Zagrodzki pointe et tire (Jean est le tireur). L’allemand aussi a tiré une fraction de seconde plus tôt le coup est passé trop haut, Jean fait mouche du 1er coup. Il a touché le frein de bouche et le second dans la foulée achève le canon avec ses servants. La colonne repart, chars en tête, le « Zagrodzki » s’arrête. Paris est à portée de mains il suffit de descendre. Le Pont de Sèvres est en bas. Soudain tout explose grenades, canons de 20, canons de 37, mitrailleuses, une maison flambe. Ils sont au carrefour de Jouy en Jossas, un obus de 20 atteint l’Aspirant Zagrodzki en pleine tête, il tombe foudroyé. Jean envoi obus sur obus. Le char recule tout en tirant.  Jean détruit aussi le canon de 37 sur un engin chenillé. Le char s’accule à un talus, il a reçu 42 impacts. Le reste de l’équipage sort, le carrefour est nettoyé par le feu des autres chars. Jean s’aperçoit que sa semelle droite avait complètement fondue car, le tir du canon se faisait avec le pied sur une pédale. 

Après ce fait d’armes Jean a été décoré de la croix de guerre avec étoile de bronze, cité à l’ordre du régiment.

 Jean, après être descendu avait un besoin pressant et au moment de se soulager,  4 allemands, cachés près de leur kubelvagen se rendent à lui instantanement

L’EPOPEE D’UN LECLERC – 5ème Partie RADON

6 AOUT 1944
           6 heures, la division se met en marche en direction du Sud, direction St James distant d’une centaine de kilomètres environ. Tout au long du chemin, ils sont applaudis, couverts de cadeaux et de fleurs et au cri de « VIVE DE GAULLE. »

 7 AOUT            La division attend l’ordre de poursuivre sa marche en avant, car l’armée allemande a déclenché une contre attaque sur Mortain et Avranches, dans le but de couper la 3ème armée US du Général Patton dont fait parti la 2ème DB. L’après midi du 7 août, l’aviation alliée  arrête et disperse les divisions blindées allemande.

9 AOUT           Le 12ème RCA traverse la Sarthe et se regroupe à Savigne L’évêque sans accrochage. Le 12ème RCA est dans le groupement tactique Langlade (GTL), il y a deux autres groupements le GTD et GTV

10 AOUT            8 heures, le 12ème RCA commence la campagne de Normandie direction Alençon. Plusieurs villages sont traversés et libérés avec des combats constants faisant des morts et des blessés, Le Sablon, la Saunerie, Nouans, Dangeul, Ancinnes et Louvigny.

12 AOUT          Prise d’Alençon         19 heures 30, le 3ème peloton du 12ème RCA (peloton de Jean), reçoit l’ordre de reconnaître le village de Radon. Ce peloton de 3 chars légers sous les ordres de l’Aspirant Petiteau, s’avance et pénètre dans Radon. Jean, dans ses mémoires, se souvient qu’un civil, rencontré sur la route du village, leur avait dit que celui ci était vide d’allemands (la même chose était arrivée le 10 Août  au Sablon ou là aussi un civil avait annoncé qu’il n’y avait pas d’ennemis dans le village). Les chars stoppent près du cimetière. Au moment où Jean descend du char,  un obus transperce le Vendomois  et explose à l’intérieur. Jean est projeté à quelques mètres mais, sans blessure. Deux de ses compagnons sont tués, les chasseurs Andrei et Dimartino. Ils sont enterrés dans un carré militaire de la 2ème DB  près de Radon . L’obus a passé exactement où Jean était assis quelques secondes auparavant. Une chance inouïe. Avec le Vendomois, le Saumurois est détruit, le 3ème char le Val de Loire a été accidenté en reculant précipitamment, 2 chars tigre attendaient un dans l’école des filles et l’autre à la sortie du village (cf photo de l’entrée  du village de RADON à gauche l’école où un char tigre était caché)

En 2008 Jean et moi avons rencontrés Monsieur Lebert, ancien maire de Radon, il était adolescent à la libération de son village et témoin des combat qui eurent lieu, il était persuadé que tout l’équipage du Vendomois avait été tué.

Un chapelle a été érigé à l’emplacement du drame (photo avec Jean devant la chapelle)

Article Ouest FRANCE     -   Article Ma Ville.com

L’EPOPEE D’UN LECLERC – 4ème PARTIE

AVRIL 1944
                 La 2ème DB embarque pour l’Angleterre.  Le voyage dure du 11 au 22 Avril, avec 4 jours de tempête  à bord de Landing Ship tank (cf photo)

Jean arrive avec son régiment à Swansea sur la côte du Pays de Galles. Ensuite direction Hull, dans le Yorkshire, au nord de l’Angleterre (cf photo du 3ème peloton, Jean est le 5ème en partant de la gauche au premier rang).

Après des semaines de manœuvres et de préparations le 1er août, enfin, la division débarque en Normandie à St Martin de Varreville dans la Manche, sur les plages qui depuis le 6 juin portent le nom de UTHA (cf vidéo ci dessous).

Jean Fortin fait parti du 1er escadron du 12ème RCA sous les ordres du Capitaine DU HAYS, il est dans le 3ème peloton commandé par l’Aspirant Petiteau. Il est tireur à bord du char Vendomois, chef de char Mdl Calvet.  Le Vendomois est un M3 (cf photo), char léger américain de 14 tonnes 6.Il a un canon  de 37 mm et 3 mitrailleuses de 7,62. C’est un char de reconnaissance, il a une vitesse de 50 km heure, peu de blindage et 4 hommes d’équipage, (un chef de char, un pilote, un tireur (Jean) et un mitrailleur.

Le 1er véhicule du 12ème RCA a débarqué le mardi 1er Août à 12 heures 45 et le dernier à 13 heures 30. Le régiment traverse St Mère Eglise, Pont l’Abbé, St Sauveur le Viconte, La Haye du Puit et arrive à Viesly le 2 août.              

La 2ème DB va commencer la campagne de France.

La suite Mardi prochain

JEAN FORTIN -DIRECTION PARIS


              Après que son char « Le Vendômois » fut détruit, Jean est muté dans le 1er  peloton du 4ème escadron du 12ème RCA, sur le Sherman n°70 « Lieutenant Zagrodzki»  (voir photo) . Le Chef de char est l’Aspirant Jean Armand Zagrodzki, frère de Michel, tué le 10 août aux Sablons (Sarthe). Le sherman a 5 hommes d’équipage, contrairement au char M3 A 3 où Jean était précédemment.

13 AOUT 1944

JEUDI 24 AOUT                                                                                                                    Avance sur Paris.  Le 1er peloton est dans la vallée de Chevreuse, les villes de Cernay, Choisel, Chevreuse, St Rémy sont traversées. Vers 14 heures la 7ème compagnie du 2ème bataillon du RMT (Lieutenant Maret), repart en tête avec le 1/4/12 RCA sur la nationale 190, Villacoublay Versailles. Ils avancent guidés par un pompier en uniforme qui est venue les prévenir que les Allemands ont installé de gros canons dans les lacets de la descente. Soudain un canon de 88 (voir photo) apparaît, la fusillade se déclenche. Le Zagrodzki pointe et tire (Jean est le tireur). L’allemand aussi a tiré une fraction de seconde plus tôt le coup est passé trop haut, Jean fait mouche du 1er coup. Il a touché le frein de bouche et le second dans la foulée achève le canon avec ses servants. La colonne repart, chars en tête, le « Zagrodzki » s’arrête. Paris est à portée de mains il suffit de descendre. Le Pont de Sèvres est en bas. Soudain tout explose :  grenades, canons de 20, canons de 37, mitrailleuses, une maison flambe. Ils sont au carrefour de Jouy en Jossas, un obus de 20 atteint l’Aspirant Zagrodzki en pleine tête, il tombe foudroyé. Jean envoi obus sur obus. Le char recule tout en tirant.  Jean détruit aussi le canon de 37 sur un engin chenillé. Le char s’accule à un talus, il a reçu 42 impacts. Le reste de l’équipage sort, le carrefour est nettoyé par le feu des autres chars. Jean s’aperçoit que sa semelle droite avait complètement fondue car, le tir du canon se faisait avec le pied sur une pédale. 

Après ce fait d’armes Jean a été décoré de la croix de guerre avec étoile de bronze, cité à l’ordre du régiment.

Jean, après être descendu avait un besoin pressant et au moment de se soulager,  4 allemands, cachés près de leur kubelvagen se rendent à lui instantanement.

JEAN FORTIN – JANVIER 1943

Janvier 1943
              Jean est affecté au 1er régiment des Chasseurs d’Afrique, régiment cantonné au camp Marchand sur la route de Rabat.
Le 31 Août le 1er régiment est dissout et remplacé par le 12ème régiment de Chasseurs d’Afrique (12 RCA). Le 12ème RCA bivouaque dans la forêt de Témara où tous les régiments de la 2ème DB sont réunis. Le 12ème RCA est sous les ordres du Lieutenant Colonel De Langlade (photo ci contre)
A cette époque, pratiquement tous les soldats de la 2ème DB sont habillés de bric et de broc, des uniformes de 1940, des effets Anglais où des récupérations sur les prises de guerre, Jean est toujours en marin.
L’armement n’est pas mieux des armes de toutes provenances et les munitions manquent. Mais, bientôt la 2ème DB est habillée et armée comme une division blindée Américaine. Uniformes et matériels affluent. La division se forme, les motos, les jeeps, gmc, dodges, half-track et chars arrivent. Les hommes et le matériel ne font plus qu’un. Jean devient tireur de char. A ce moment là, le 12ème RCA passe sous les ordres du chef d’Escadron Minjonnet.

JEAN FORTIN L’ENGAGEMENT

Mai 1941,

Jean s’est engagé pour combattre les ennemis de son pays. L’attentisme n’est pas dans sa nature aussi, il veut avec 2 compagnons, rejoindrent la France libre, via Gibraltar et l’Angleterre.

Malheureusement il se fait prendre à Tanger. Il est aussitôt incarcéré au Phare d’el Hanck (photo ci dessous), près de Casablanca ou il subit de mauvais traitements. Sans ceinture et lacets, il doit courir dans les dunes, il reçoit des coups et la nourriture et l’eau  ne sont donnés qu’une fois par jour. Il est jugé le 27 Juillet 1941,  condamné pour désertion qu’ à 18 mois de prison car il est mineur d’âge alors que ses 2 compagnons, plus vieux que lui, ont eu 5 ans. Il est incarcéré à Port Lyautey, il a 19 ans (photo de la prison ci dessous en arrière plan).
 
8 Novembre 1942,

Débarquement  Anglo Américain en Afrique du Nord. Jean voit arriver dans sa cellule des soldats Américains de la M.P, tous grands et carrés alors que Jean faisait 1 mètre 65. Ils viennent le libérer.

Jean demande à être versé le plus vite possible dans la Colonne Leclerc.

La suite mardi prochain…

JEAN FORTIN PRESENTATION

Pour cette 2ème partie, nous allons commencer par une présentation de Jean FORTIN et du début de son parcours dans la deuxième DB

Paris le 29 Aout 1922.
   Naissance de Jean FORTIN. Dès sa naissance ses parents l’abandonnent. Il passera sa jeunesse dans une famille, dans le Perche et, à l’adolescence il apprendra le métier de boulanger.
 
22 Décembre 1939.
  La France est en guerre depuis le mois de septembre. Jean s’engage dans la marine pour la durée de la guerre. Il a 17 ans. Malheureusement, la marine Française sauf quelques exceptions, suit le Maréchal Pétain. Jean est affecté sur le pétrolier « Le Rhone » (photo ci dessous) 

Nous sommes le 19 Décembre 1940, le « Rhone » ou nous rappelons que Jean FORTIN fait parti de l’équipage, fait route sur Dakar, chargé de fuel pour la base marine.
 
Il est escorté par le sous marin le « Sfax », sous marin de 1er classe de 1570 tonnes avec 61 hommes à son bord. A 16 heures 40 le « Sfax » est touché d’une torpille par le « U37″, sous marin Allemand. Il coule en 30 secondes au large au cap Juby.
 Le « Rhone » se porte au secours des rescapés du « Sfax ». Il parvient à récupérer 4 matelots. En fin de journée soit le 19 ou le 20 décembre alors que le « Rhone » essaie d’échapper au prédateur Allemand, il est torpillé par l’U37″.
 
 Le « Rhone » mis en service le 1er Mars 1911 avec un équipage de 57 hommes avec comme armement un canon de 95, deux de 47 et un de 100. Il est basé à Casablanca.
 
Le bateau commence à sombrer.  Une partie des rescapés du « Rhone » et les 4 du « Sfax », sur des barques de sauvetage à l’aviron,  firent route sur les côtes de Mauritanie.
 
 55 arrivent sur la côte, dont Jean.
 
 Après plusieurs jours de marche, sans vivre et sans eau, longeant la côte vers le Nord,  à bout de force les pauvres hommes arrivent dans un village de pêcheurs.
10 hommes, dont le commandant du « Rhone » sont secourus par l’équipage du « Fort Royal » bananier, venu sur les lieux du drame. Un canot avec 6 hommes fut recueilli quelques heures plus tard. Le naufrage du « rhone » fit 11 victimes.
En fait le commandant du « U37″, Nicolai CLAUSEN, a torpillé les 2 bateaux par erreur, car ils appartenaient à la marine de Vichy et non aux forces navales françaises libres.

La suite  Mardi prochain